WTA contre ATP : y a-t-il plus de surprises chez les dames ?

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Historique des pronostics Pronocast : chaque match marqué correct ou raté, avec la précision jour par jour

On entend souvent que le tennis féminin est plus imprévisible : plus de surprises, des favorites qui tombent plus tôt, des tableaux qui s’ouvrent. Les chiffres le confirment-ils ? Nous avons repris 38 071 matchs de simple ATP et WTA joués entre janvier 2022 et septembre 2026 (19 552 à l’ATP, 18 519 à la WTA) et regardé, pour chacun, si le favori du classement Elo l’a emporté.

La réponse est à l’inverse de l’idée reçue : à la WTA, le favori gagne un peu plus souvent qu’à l’ATP.

Le favori gagne plus souvent à la WTA

À l’ATP, le favori de l’Elo gagne 64,5 % de ses matchs. À la WTA, 65,7 %. L’écart brut de 1,2 point est significatif (z = 2,4) : il ne vient pas du hasard. En 2024 par exemple, le favori gagne 66,6 % à la WTA contre 64,4 % à l’ATP. Sur cinq années (2022 à 2026), la WTA devance l’ATP quatre fois : seule 2022 va dans l’autre sens (63,6 % à l’ATP, 63,1 % à la WTA).

Le favori de l’Elo gagne, par année et par circuit
AnnéeATPWTA
202263,6 %63,1 %
202364,4 %65,5 %
202464,4 %66,6 %
202564,6 %65,8 %
2026 (jusqu’au 22 septembre)65,8 %67,4 %

L’explication : des matchs un peu moins serrés

Le favori ne gagne pas plus à la WTA parce que les joueuses sont plus prévisibles dans l’absolu, mais parce que les favorites y ont plus souvent un net avantage sur le papier. L’Elo donne un favori à 70 % ou plus dans 39,2 % des matchs WTA, contre 36,2 % des matchs ATP. Dans la tranche à 80 % et plus, l’écart est le plus visible : 17,9 % des matchs WTA, contre 15,5 % à l’ATP. La probabilité médiane du favori est de 66,0 % à la WTA et de 65,1 % à l’ATP.

Part des matchs et victoires du favori, selon sa probabilité Elo
Favori annoncé àPart des matchs ATPPart des matchs WTAFavori gagne, ATPFavori gagne, WTA
50 à 60 %34,2 %32,2 %53,9 %53,4 %
60 à 70 %29,5 %28,5 %62,8 %62,8 %
70 à 80 %20,7 %21,3 %70,8 %71,4 %
80 % et plus15,5 %17,9 %82,6 %85,6 %

À probabilité égale, aucune différence

Pour savoir si une joueuse est vraiment plus ou moins sûre qu’un joueur, il faut comparer à probabilité égale. Nous avons comparé chaque match à ce que le favori gagne d’habitude pour la même probabilité Elo, tous matchs ATP et WTA confondus. Résultat : le favori ATP gagne 0,2 point de moins que prévu (z = −0,6), le favori WTA 0,2 point de plus (z = +0,7). Ni l’un ni l’autre ne se distingue du hasard. Jusqu’à 80 %, le taux de victoire du favori diffère de 0,6 point au plus entre les deux circuits.

Autrement dit, un favori à 65 % se comporte de la même façon à la WTA et à l’ATP. La différence brute vient de la répartition des matchs, pas de la nature du circuit. Les surprises ne sont pas plus fréquentes chez les dames : ce sont les matchs déséquilibrés qui le sont un peu plus.

Un indice chez les gros favoris, à prendre avec prudence

Une seule tranche sort du lot, et nous l’avons lue après avoir vu le total, parmi plusieurs découpages : ce n’est pas une découverte, c’est un indice. Parmi les favoris à 80 % et plus, le favori ATP gagne 1,6 point de moins que prévu (82,6 %, z = −2,5) et le favori WTA 1,5 point de plus (85,6 %, z = +2,4). Les très gros favoris seraient donc un peu plus sûrs chez les dames, un peu moins chez les hommes. Avec 3 039 et 3 312 matchs, l’échantillon ne permet pas de dire si cela durera ; nous ne le retenons pas comme une règle.

Et sur gazon ?

Par surface, après avoir vu le total, le gazon est la seule où les favoris déçoivent aux deux circuits. À probabilité égale, le favori ATP y gagne 2,7 points de moins que prévu (62,8 %, 2 110 matchs, z = −2,7), le favori WTA 1,6 point de moins (63,5 %, 2 276 matchs, z = −1,6, dans la marge du hasard). Le dur (+0,3 et −0,1 point) et la terre battue (+0,4 à l’ATP, +1,3 à la WTA) ne s’écartent pas du hasard. Le gazon est la surface la moins fréquente : il y a moins de matchs pour qu’un classement s’y fasse une idée précise. Pour le détail par surface, voir notre article sur les surfaces.

Et en Grand Chelem ?

Une autre idée reçue veut que le meilleur des cinq sets avantage les hommes ou les favoris. Notre étude sur le meilleur des cinq sets montre que le favori gagne 70,8 % en Grand Chelem messieurs (cinq sets) contre 70,5 % chez les dames (trois sets) : l’effet est celui du Grand Chelem, pas du format.

Ce que cela change pour lire un pronostic

  • Ne vous fiez pas à « c’est un match WTA, donc c’est ouvert ». À probabilité égale, un favori à 65 % a la même fiabilité à la WTA qu’à l’ATP.
  • Lisez la probabilité, pas le circuit. Chez les très gros favoris (80 % et plus), la WTA a donné 85,6 % de victoires contre 82,6 % à l’ATP : un indice, pas une règle.
  • Méfiez-vous du gazon. Les favoris y déçoivent aux deux circuits, avec une marge plus large qu’ailleurs.
  • Ces chiffres portent sur l’Elo seul, pas sur le modèle Pronocast, qui s’appuie sur d’autres éléments que le classement (voir notre méthodologie).

Les pronostics du jour couvrent l’ATP, la WTA et le Challenger, avec la probabilité de chaque joueur ; la page des résultats vérifiés montre la précision réelle. Pour comparer au Challenger, voir le favori au Challenger.

Méthode

Matchs de simple des circuits ATP et WTA, du 1er janvier 2022 au 22 septembre 2026, dont les deux joueurs avaient déjà disputé au moins vingt matchs : 38 071 matchs, vus du favori, c’est-à-dire du joueur à qui l’Elo donne au moins 50 % avant le match. L’écart brut entre circuits est jugé par un test z de deux proportions. À probabilité égale, l’attendu est le taux de victoire réel observé pour une probabilité donnée, par tranches de 2,5 points, sur l’ensemble de l’échantillon ATP et WTA confondus, et le test est un z = (victoires − attendu) / racine de la somme des p(1 − p). Le total par circuit est le résultat lu ; les découpages par tranche de probabilité, surface et année ont été faits après l’avoir vu, et l’écart des favoris à 80 % et plus (z proche de ±2,4) est à lire comme un indice parmi plusieurs découpages testés. Le script complet est conservé avec nos données.

Questions fréquentes

Le tennis féminin est-il plus imprévisible que le tennis masculin ?
Non. Sur 38 071 matchs de simple, le favori de l’Elo gagne 65,7 % à la WTA et 64,5 % à l’ATP : un écart brut de 1,2 point, significatif (z = 2,4), en faveur des favorites. À probabilité égale, le favori ATP gagne 0,2 point de moins que prévu et le favori WTA 0,2 point de plus, sans différence distinguable du hasard.
Pourquoi le favori gagne-t-il plus souvent à la WTA ?
Parce que les matchs WTA sont un peu plus déséquilibrés : l’Elo y donne un favori à 70 % ou plus dans 39,2 % des matchs, contre 36,2 % à l’ATP, et à 80 % ou plus dans 17,9 % des matchs contre 15,5 %. La différence vient de la répartition des matchs, pas de la nature du circuit.
Y a-t-il des surprises plus fréquentes sur certaines surfaces ?
Le gazon est la seule surface où les favoris déçoivent aux deux circuits : à probabilité égale, −2,7 points à l’ATP (2 110 matchs) et −1,6 point à la WTA (2 276 matchs, dans la marge du hasard). Le dur et la terre battue ne s’écartent pas du hasard. Ces découpages sont faits après avoir vu le total.
Les très gros favoris sont-ils plus sûrs chez les dames ?
C’est un indice, pas une règle. Parmi les favoris à 80 % et plus, le favori WTA gagne 85,6 % (1,5 point de plus que prévu) et le favori ATP 82,6 % (1,6 point de moins), avec un z proche de 2,4 des deux côtés. L’écart a été lu après plusieurs découpages : il ne suffit pas pour conclure.
Ces chiffres valent-ils pour le modèle Pronocast ?
Non, ils portent sur l’Elo seul. Le modèle de Pronocast s’appuie sur d’autres éléments que le classement : sa méthode est détaillée sur la page méthodologie.

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